La logique serait de parler « d’investissements » à surveiller, puisque nous listons ici certains projets du budget d’investissement de la commune. Le terme investissement signifie une dépense qui crée, améliore ou prolonge durablement le patrimoine de la collectivité (contrairement au fonctionnement, dont l’effet s’épuise dans l’année). Chaque citoyen est en droit de se poser la question de la pertinence de certains choix.
En tout état de cause, voici ce qu’il en est, vous vous ferez votre avis.
Les APCP (visuel) posent en début de mandat les grands projets. On doit prévoir ce que l’on va dépenser (AP = Autorisation de Programme), le voter, puis on suit les dépenses effectives (CP = Crédits de Paiement). Une bonne gestion suppose des projets pertinents, une prévision au plus juste, et un suivi rigoureux.
Dans les APCP, la maison du verre passe de 3,5 millions (APCP, conseil municipal du 9/4/2025) à 5,6 millions. En clair, il y a quelques mois (avant les élections) la majorité prévoyait de dépenser 3,5 millions sur ce projet, mais désormais c’est 5,6. Et ces 5,6 millions ne couvrent que le coût de construction, pas le budget de fonctionnement (les salaires, l’énergie gaz ou électricité très coûteuse pour une verrerie, l’entretien, la matières premières etc etc…). A date on ne sait pas combien cela va coûter chaque année, ni ce que ce projet va réellement rapporter à la commune et aux verriers. Il est important de soutenir l’activité verrière, mais est-ce qu’une maison, aussi chère, placée au fond du village, difficilement accessible, sans modèle économique présenté par la mairie, est la meilleure solution?
A considérer également, la crèche et le clos des boules prévus à 3,5 millions avant les élections (APCP, conseil municipal du 9/4/2025) passent à plus de 5 millions en quelques mois. Pour information, lors du débat d’orientation budgétaire début avril (document consultable ici) le projet était passé à 6,3 millions (page 32). En trois semaines (vote du budget) il est « redescendu » à 5 millions. Mais c’est tout de même 1,5 million de plus que ce qui était prévu un an plus tôt. Maintenant, voici un fait objectif qui donne à réfléchir : il y aura 24 lits, cela fait plus de 212 000€ par berceau si l’on considérait que l’ensemble de la dépense concerne la crèche. À titre de comparaison, le coût moyen des travaux par place dans les crèches PSU est de 47 564 € au niveau national (rapport parlementaire 2024 + source IGAS/IGF). On parle ici d’un coût hors achat du terrain. Dépenser de telles sommes ainsi est-il le choix le plus sage? Il y aura des subventions de la CAF, mais la commune devra tout de même prendre en charge une grande partie de cette somme. 24 lits dans une crèche, c’est l’équivalent de 6 assistantes maternelles agréées qui accueilleraient 4 enfants chacune. N’aurait-il pas été plus pertinent d’aider les assistantes maternelles de la commune, voire d’encourager la formation de nouvelles, plutôt que d’investir autant dans un lieu?
L’honnêteté nous oblige à préciser que, si la répartition entre la crèche et les boules n’est jamais mentionnée par écrit, le maire, interrogé en conseil municipal, a parlé de 30% pour le clos des boules. En retenant la répartition évoquée oralement par le maire, cela représenterait 3,5 millions pour la crèche, soit 145 000€ par berceau, à comparer à nouveau aux 47 564 € de coût moyen des travaux par place relevés au niveau national. Par ailleurs, 1,5 million d’euros pour le clos des boules est une somme importante, alors que les boulistes que nous fréquentons chaque semaine sur le terrain se disent, dans leur grande majorité, très satisfaits de leurs installations actuelles (certes la partie club pourrait être rénovée… mais 1,5 million).
Nous avons également l’élargissement nécessaire du Chemin des Combes. Arlésienne Biotoise. Ce projet, maintes fois promis ira-t-il à son terme cette fois-ci?
Enfin, la rénovation de la rue St Sébastien (4,6 millions) pose deux questions. Quid de la rénovation et l’entretien de l’ensemble du vieux village (dans lequel il n’y a toujours pas, par exemple, de toilettes publiques accessibles) ? Et n’y a-t-il pas une réflexion globale à avoir sur l’accès et le stationnement, suivant l’adage marketing « no parking no business » ? Une belle rue principale est un atout, encore faut-il que les visiteurs puissent accéder au village. On notera enfin (tableau bleu en haut) que sur 21 millions programmés la moitié concerne des projets très orientés tourisme (maison du verre + St Sébastien). Activité nécessaire à la commune, mais est-elle abordée dans une logique globale ? Le tourisme doit servir les Biotois, et pas l’inverse.
Comme nous l’avons développé dans cet article, la performance de gestion de la ville est faible. De fait, dans ce contexte, les investissements doivent être priorisés et justifiés par l’intérêt général.
N’hésitez pas à nous faire part en commentaire de vos questions et des sujets que vous souhaitez voir analysés.

Laisser un commentaire