Étiquette : Vie locale

  • Travaux à l’EAC : ça jette un froid

    Travaux à l’EAC : ça jette un froid

    1 300 000€. Le coût des travaux de l’EAC. Regardons objectivement comment Biot Infos nous raconte cela, à quelques mois d’écart.

    Dans son numéro de juillet/août 2025, une page (reproduite ci-dessous) raconte la « transformation d’ampleur » que l’Espace des Arts et de la Culture va subir. « La Ville de Biot a lancé un ambitieux projet de rénovation globale pour redonner à ce bâtiment tout son éclat, tout en l’adaptant aux enjeux environnementaux et aux besoin des usagers« . Vous lirez l’intégralité, l’article explique qu’ au coeur de ce projet d’envergure la technique dite ITE pour isolation thermique par l’extérieur.

    Bon. Quelques mois plus tard, les élections passées, voici une page dans le Biot Infos du printemps 2026. Vous lirez aussi cet article ci-dessous. Il est question de partition, d’hommage mérité à Liliane Valsecchi, de jardin, de norme PMR enfin respectée… Mais ce qui était la raison première de ces travaux, « au coeur de ce projet d’envergure », à savoir la qualité thermique, le confort pour les élèves (il y fait très froid l’hiver, il y a des des problèmes d’humidité et d’étanchéité), ainsi que les fameux « enjeux environnementaux » ont disparu.

    Nous sommes passés, dans le même magazine en moins d’un an, d’un projet global pour le confort des usagers et le respect des normes environnementales, à un projet purement esthétique, comme si de rien n’était. De fait, le projet n’est pas terminé, comme le maire le reconnaît en conseil municipal (PV du CM du 8 avril 2026), et coutera encore plus cher. Madame Anger, élue d’opposition, a demandé au maire lors de ce conseil d’apporter une correction dans Biot Infos (puisque l’ITE était annoncée, et n’a pas été faite). Extrait du PV de conseil municipal : « Mme Anger : Juste, pouvez-vous communiquer cela dans le prochain Biot Infos par exemple ? M. le Maire : Il n’y a pas de souci. Mais je le redis, l’opération n’est pas terminée. » Le prochain Biot Infos en question est reproduit ci-dessous.

    Coût des travaux sans isolation : 1 305 889€.

    Communication promise par le maire dans Biot Infos : zéro.

    L’isolation reste à faire, et Biot Infos semble avoir la mémoire courte, ou fait comme si de rien n’était. Tout est toujours merveilleux, projet comme réalisation. Peu importe si la seconde ne correspond pas au premier.

    Mais l’EAC fût prêt pour les Templiers 2026 (sur le fil). Conclusion : les enfants continueront d’avoir froid, mais la photo était réussie.

    Ci-dessous les pages de ces 2 numéros de Biot Infos, pour que vous fassiez vous-mêmes la comparaison. Numéro d’été 2025, suivi du Printemps 2026…

  • Saint-Eloi : l’oignon fait la farce

    Saint-Eloi : l’oignon fait la farce

    « Une forêt de 20 000 m2 de béton était prévue par l’ancienne municipalité« , martèle le maire… “Les habitants de Biot pourront savourer les premiers fruits dès le mois de juin, proposés sous forme de paniers et servis dans les cantines”, ce qui ne fut bien évidemment pas le cas.

    Au-delà des promesses de campagne, c’est surtout la nature et l’économie de ce projet, lancé en grande pompe le 30 janvier 2026, qui retiennent l’attention. Ce projet, c’est le verger Saint-Eloi, route de Valbonne, à l’approche du village, sur la droite. Ce terrain, qui servit de décharge après les inondations de 2015, est devenu le passeport écologiste de la municipalité. Sa green card. Mais dans quelles conditions?

    Pour rester dans la métaphore de dame nature, à la forêt de béton a succédé une cascade d’argent public. De l’argent qui déborde à gogo. 3,8 millions d’euros de nos impôts votés par la mairie en 2022, confirmés en 2023, et révisés à 2,08 millions en 2025, sans que les contours soient précisés. L’essentiel de la somme va aux travaux et prestataires, pas à la production elle-même. Il y a des entreprises et des organismes au service d’un projet mené par un seul agriculteur, aussi sympathique que bon communicant, qui a commencé à produire des paniers bios. Sûrement les plus chers de France en coût de production.

    Le verger communal est, en principe, une excellente idée. Approvisionner les écoles en produits locaux serait une formidable initiative pour la commune. Mais quand un projet payé par les contribuables devient un outil de communication électorale, puis municipale, avec l’argent public, nous avons le devoir d’examiner les faits. Contre le green washing, la vérité est la meilleure arme. Commençons par l’annonce (document en PJ à la fin de l’article) publiée lors du l’appel à projet.

    1. Il ne s’agit pas d’une exploitation agricole pérenne

    Comme l’indiquent les documents de la CASA, il s’agit d’un espace test agricole, destiné à accueillir une personne en phase d’apprentissage, souhaitant expérimenter son activité. Nous ne sommes donc pas au début d’une production assurée. Pourtant, la mairie a annoncé une récolte et la fourniture des cantines scolaires pour le mois de juin. Hélas, dès le mois d’avril 2026 l’agriculteur disait aux enfants des écoles qu’il ne serait pas capable d’approvisionner les cantines de toute l’année. Avec 3 000 m2 de maraîchage (+2 000 d’arboriculture qui viendront plus tard, et 2 000 hors-sol), on est de toutes façons bien loin de pouvoir nourrir quotidiennement nos 1 000 enfants et nos seniors.

    2. Les conditions d’accueil sont pour le moins… favorables

    Selon l’appel à candidatures, la commune de Biot s’engage à mettre à disposition le terrain et ses équipements pour une durée de trois ans, acheter les arbres fruitiers, mettre à disposition un hébergement de type F3 à loyer encadré, à 10 min à pied de l’exploitation. Est-ce que le suivi de la mairie sera à la hauteur de l’accueil? On verra.

    Les conditions pour candidater : avoir un diplôme ou 6 mois d’expérience. C’est tout.

    3. Il n’y a aucun objectif précis de production de fruits et légumes

    Ni volumes. Ni calendrier. Ni engagements précis. Or, pour nourrir les enfants, il faut plus que des intentions. Comme certains disent : la différence entre un rêve et un projet, c’est un planning. Ici, on ne l’a pas.

    En résumé : des avantages, peu de contraintes, et beaucoup d’argent public. Mais où va cet argent? Pas à l’agriculteur, soyons clair, qui ne reçoit aucune aide financière. En revanche il y a des organismes, des entreprises de terrassement, de construction… Il y a forcément une activité à mettre en regard de ces millions d’argent public.

    Au-delà de ces investissements, la pertinence d’une exploitation sur un tel terrain, très escarpé, peu pratique, pose question.

    Surtout, une telle somme n’aurait-elle pu être mieux utilisée? Végétaliser les écoles pour faire descendre naturellement les températures, ouvrir un magasin municipal bio, pour proposer des denrées de qualité au plus grand nombre, ou plus simplement passer les cantines au tout bio dans nos achats… mais annoncer qu’on va produire bio à Biot, ça fait son petit effet. Seulement, dès qu’on regarde de plus près quoi, combien, et pour quel coût, le tableau change de couleur. Et les légumes de saveur.

    L’union fait la force ou l’oignon fait la farce… un glissement qui s’opère sous nos yeux.

    👇Lien vers le document d’appel à candidature ci-dessous

  • Canicule, sécheresse, feux de forêt, pluies diluviennes : Biot doit se préparer.

    Canicule, sécheresse, feux de forêt, pluies diluviennes : Biot doit se préparer.

    Par Rémy Mervelet

    Biotois engagé localement dans l’accompagnement à la transition climatique, Rémy nous détaille pourquoi le dérèglement climatique n’est plus une lointaine menace, et pourquoi la problématique de l’eau est centrale. Voici ce qu’il faut en retenir, à l’échelon de chaque foyer et à celui de la commune.

    Réduire les émissions ne suffit plus

    La transition climatique repose sur deux piliers. Le premier, l’atténuation, consiste à réduire nos émissions de carbone. Le second, trop souvent oublié, est l’adaptation, c’est-à-dire se préparer à ce qui arrive déjà et qui va s’aggraver assez rapidement. Dans les Alpes-Maritimes, cela signifie quatre risques : canicules, sécheresses, feux de forêt et pluies diluviennes.

    Ces risques, d’une certaine manière, se répondent. La canicule aggrave la sécheresse, la sécheresse facilite le feu, et un sol desséché n’absorbe plus grand chose quand la pluie s’abat. Le fil qui les relie, c’est le cycle de l’eau, désormais perturbé. À Biot, nous le savons mieux que quiconque : la commune a payé un lourd tribut aux inondations du 3 octobre 2015.

    S’adapter n’est pas un luxe de politique ou de théoricien. C’est une question de sécurité, de confort, de santé et même d’argent : chaque euro investi en prévention évite des dépenses de compensations bien plus lourdes.

    1. Canicule : garder au frais au moins une pièce

    Chez vous :

    • Gardez au moins une pièce rafraîchie, idéalement pas au-dessus de 26°C pour travailler et 25°C pour dormir.
    • Isolez, et fermez volets et stores aux heures chaudes.
    • Évitez le four et le sèche-linge, et limitez les plaques de cuisson.
    • Repérez un point d’eau à quelques minutes : piscine, mer, ou au pire une baignoire.
    • Végétalisez et laissez l’eau s’infiltrer : un sol couvert et humide rafraîchit naturellement l’air.

    Ce qu’une commune pragmatique devrait notamment faire :

    • Diffuser un message d’alerte systématique.
    • Ouvrir des refuges climatiques : des lieux frais, connus de tous et signalés, et en prévoir impérativement dans les écoles.
    • Publier la liste des végétaux adaptés aux fortes chaleurs.

    2. Sécheresse : l’eau qui tombe doit rester

    Chez vous :

    • Raccourcissez les douches et utilisez le mode éco des appareils.
    • Respectez les restrictions préfectorales.
    • Récupérez l’eau de pluie et les eaux grises.
    • Ne laissez jamais un sol à nu : le couvert végétal retient l’humidité.

    Ce qu’une commune prévoyante devrait notamment faire :

    • Réparer les fuites du réseau. Chaque litre perdu dans les canalisations, c’est un litre qu’on demande ensuite aux habitants d’économiser. La moyenne nationale est de 20% de perte d’eau sur tout le réseau en France ! (source eaufrance ici)
    • Subventionner les récupérateurs d’eau de pluie.
    • Accompagner les propriétaires face au retrait-gonflement des argiles, qui fissure les maisons à chaque sécheresse.
    • Anticiper la répartition de l’eau en cas de pénurie, avant que les conflits d’usage n’éclatent.

    3. Feux de forêt : le débroussaillement n’est pas une option

    Chez vous :

    • Respectez les obligations légales de débroussaillement (OLD) autour de votre habitation.
      • 80% des feux de forêt se déclenchent à moins de 50 mètres d’une habitation (source ministère de la transition écologique ici)
      • 90 % des départs de feu sont d’origine humaine (dont 25% sont intentionnels).
      • 90 % des maisons détruites lors des incendies se trouvent sur des terrains non débroussaillés ou mal entretenus
    • Respectez les interdictions d’accès aux massifs les jours à risque.

    Ce que la commune devrait notamment et logiquement faire :

    • Faire appliquer les OLD, ce qui est impopulaire mais indispensable.
    • Aider concrètement ceux qui sont en difficulté pour les réaliser (matériel, conseil technique).
    • Diffuser la liste des végétaux les plus résistants au feu.
    • Alerter la population selon la règle des 3 × 30 : plus de 30 °C, un vent de plus de 30 km/h et moins de 30 % d’hygrométrie. Quand les trois sont réunis, le risque est maximal.

    4. Pluies diluviennes : arrêter de bétonner

    Chez vous :

    • Installez gouttières et récupérateurs.
    • Désimperméabilisez votre terrain, ou au minimum n’ajoutez pas de surface bétonnée.

    Ce qu’une commune responsable devrait notamment faire :

    • Alerter la population les jours à risque.
    • Subventionner les récupérateurs.
    • Cesser d’imperméabiliser les sols. Cela relève de la politique d’urbanisme, donc d’une décision municipale.

    Agir sur les quatre leviers de l’eau à la fois

    Toutes ces mesures agissent sur quatre mécanismes :

    • limiter l’évaporation, sauf quand on cherche à rafraîchir ;
    • favoriser l’évapotranspiration avec des plantes adaptées, qui rafraîchissent naturellement ;
    • favoriser l’infiltration grâce à des sols plantés et perméables ;
    • capter les précipitations au maximum.

    Agir sur un seul levier améliore déjà les autres. Agir sur les quatre en même temps potentialise les résultats.

    Et la mairie ?

    L’adaptation durable se joue à plusieurs niveaux : notamment le foyer et la commune. Les Biotois peuvent faire leur part. Mais les refuges climatiques, les subventions, la réparation du réseau, l’accompagnement sur les OLD et les argiles, l’alerte et l’urbanisme relèvent de la mairie.

    La question se pose : où en est Biot sur chacun de ces points ? Existe-t-il un plan d’adaptation communal ? Un budget ? Un calendrier ?

    Le retard est déjà pris. Chaque été perdu nous coûtera plus cher que le précédent.

    Contactez-moi à l’adresse remy.mervelet@biot.blog

  • 21 millions à venir : les dépenses à surveiller

    21 millions à venir : les dépenses à surveiller

    La logique serait de parler « d’investissements » à surveiller, puisque nous listons ici certains projets du budget d’investissement de la commune. Le terme investissement signifie une dépense qui crée, améliore ou prolonge durablement le patrimoine de la collectivité (contrairement au fonctionnement, dont l’effet s’épuise dans l’année). Chaque citoyen est en droit de se poser la question de la pertinence de certains choix.

    En tout état de cause, voici ce qu’il en est, vous vous ferez votre avis.

    Les APCP (visuel) posent en début de mandat les grands projets. On doit prévoir ce que l’on va dépenser (AP = Autorisation de Programme), le voter, puis on suit les dépenses effectives (CP = Crédits de Paiement). Une bonne gestion suppose des projets pertinents, une prévision au plus juste, et un suivi rigoureux.

    Dans les APCP, la maison du verre passe de 3,5 millions (APCP, conseil municipal du 9/4/2025) à 5,6 millions. En clair, il y a quelques mois (avant les élections) la majorité prévoyait de dépenser 3,5 millions sur ce projet, mais désormais c’est 5,6. Et ces 5,6 millions ne couvrent que le coût de construction, pas le budget de fonctionnement (les salaires, l’énergie gaz ou électricité très coûteuse pour une verrerie, l’entretien, la matières premières etc etc…). A date on ne sait pas combien cela va coûter chaque année, ni ce que ce projet va réellement rapporter à la commune et aux verriers. Il est important de soutenir l’activité verrière, mais est-ce qu’une maison, aussi chère, placée au fond du village, difficilement accessible, sans modèle économique présenté par la mairie, est la meilleure solution?

    A considérer également, la crèche et le clos des boules prévus à 3,5 millions avant les élections (APCP, conseil municipal du 9/4/2025) passent à plus de 5 millions en quelques mois. Pour information, lors du débat d’orientation budgétaire début avril (document consultable ici) le projet était passé à 6,3 millions (page 32). En trois semaines (vote du budget) il est « redescendu » à 5 millions. Mais c’est tout de même 1,5 million de plus que ce qui était prévu un an plus tôt. Maintenant, voici un fait objectif qui donne à réfléchir : il y aura 24 lits, cela fait plus de 212 000€ par berceau si l’on considérait que l’ensemble de la dépense concerne la crèche. À titre de comparaison, le coût moyen des travaux par place dans les crèches PSU est de 47 564 € au niveau national (rapport parlementaire 2024 + source IGAS/IGF). On parle ici d’un coût hors achat du terrain. Dépenser de telles sommes ainsi est-il le choix le plus sage? Il y aura des subventions de la CAF, mais la commune devra tout de même prendre en charge une grande partie de cette somme. 24 lits dans une crèche, c’est l’équivalent de 6 assistantes maternelles agréées qui accueilleraient 4 enfants chacune. N’aurait-il pas été plus pertinent d’aider les assistantes maternelles de la commune, voire d’encourager la formation de nouvelles, plutôt que d’investir autant dans un lieu?

    L’honnêteté nous oblige à préciser que, si la répartition entre la crèche et les boules n’est jamais mentionnée par écrit, le maire, interrogé en conseil municipal, a parlé de 30% pour le clos des boules. En retenant la répartition évoquée oralement par le maire, cela représenterait 3,5 millions pour la crèche, soit 145 000€ par berceau, à comparer à nouveau aux 47 564 € de coût moyen des travaux par place relevés au niveau national. Par ailleurs, 1,5 million d’euros pour le clos des boules est une somme importante, alors que les boulistes que nous fréquentons chaque semaine sur le terrain se disent, dans leur grande majorité, très satisfaits de leurs installations actuelles (certes la partie club pourrait être rénovée… mais 1,5 million).

    Nous avons également l’élargissement nécessaire du Chemin des Combes. Arlésienne Biotoise. Ce projet, maintes fois promis ira-t-il à son terme cette fois-ci?

    Enfin, la rénovation de la rue St Sébastien (4,6 millions) pose deux questions. Quid de la rénovation et l’entretien de l’ensemble du vieux village (dans lequel il n’y a toujours pas, par exemple, de toilettes publiques accessibles) ? Et n’y a-t-il pas une réflexion globale à avoir sur l’accès et le stationnement, suivant l’adage marketing « no parking no business » ? Une belle rue principale est un atout, encore faut-il que les visiteurs puissent accéder au village. On notera enfin (tableau bleu en haut) que sur 21 millions programmés la moitié concerne des projets très orientés tourisme (maison du verre + St Sébastien). Activité nécessaire à la commune, mais est-elle abordée dans une logique globale ? Le tourisme doit servir les Biotois, et pas l’inverse.

    Comme nous l’avons développé dans cet article, la performance de gestion de la ville est faible. De fait, dans ce contexte, les investissements doivent être priorisés et justifiés par l’intérêt général.

    N’hésitez pas à nous faire part en commentaire de vos questions et des sujets que vous souhaitez voir analysés.